Théâtre au Collège

 

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"C’était un lundi soir"

d’après Serge Grossin 

Un homme devient le témoin d’une scène qui a priori a tout l’air du déjà vu... Alors qu’il boit un verre tranquillement accoudé au comptoir d’un restaurant il voit rentrer un homme portant un oeillet rouge à la boutonnière qui va s’installer à une table et commande un verre. Puis une femme portant le même oeillet rouge à la boutonnière le rejoint. Ils discutent jusqu’au moment où une dispute éclate : elle se lève brusquement et lui jette son verre en pleine figure... Tout se passe un lundi soir. Pourquoi ? Allez savoir...

En tout cas c’est le titre de la piece que nous avons representee cette annee. C’était un lundi soir peut se jouer aussi bien en huit scènes qu’en douze ou même vingt... peu importe de toute façon puisqu’il n’y a pas d’histoire ! Ou plutot si ; il y en a bien une mais c’est toujours la même qui se répète de scène en scène dans des situations chaque fois différentes avec des personnages chaque fois différents, créant toujours au bout du compte de nouvelles histoires.

Nous devons cette pièce à Serge Grossin qui est le premier à l’avoir écrite et mise en scène en France. Nous nous sommes contentés de réécrire les scènes de cette pièce en nous appuyant sur son texte de départ que nous avons résumer plus haut. C’est ainsi que la concierge en profite pour s’en prendre à tout ce qui passe :

 [...]

La concierge : [...] Tenez c’est comme l’autre soir au restaurant j’en ai vu de bien belle. Mais attendez que je vous raconte…

 Un locataire : Bonjour Mme Fouilletout. Vous avez du courrier pour moi aujourd’hui ?

 La concierge : Oui justement, voilà. (Le locataire sort). Tenez celui-là par exemple, s’il va se coucher à deux heures du matin c’est pas parce qu’il a travaillé toute la nuit ; et il peut toujours les attendre ses lettres d’embauche.  Il serait plutôt du genre de l’autre que j’ai vu au restaurant l’autre soir : j’étais assise au comptoir, je ne faisais de mal à personne, je buvais tranquillement une boisson sans alcool, pas comme mon voisin de droite qui en était déjà à son troisième whisky… lorsque je vis arriver un homme plutôt grand, assez fort, plutôt élégant. A première vue le type bien sous tous rapports, gentils, propre sur lui, si ce n’est qu’il avait à la bouche un monstrueux cigare. Mon Dieu quelle horreur ! Si seulement on pouvait trouver le moyen d’empêcher ces-gens là de nous polluer l’atmosphère comme ça.

 Deux jeunes : Alors madame Fouilletout, ça va aujourd’hui ? (ils sortent).

 La concierge : Et voilà comment ça commence : ces deux-là ils n’en sont pas encore au cigare mais gare à eux si un jour je les prends la main dans le sac à fumer dans la cage d’escalier ! Mais que font les parents, je vous le demande ! Enfin bref cigare ou pas l’homme était tout de même bien élégant, et puis il faut reconnaître qu’il lui allait bien son œillet à la boutonnière. Une bien belle fleur ma fois, pas du genre de celles que les Martin m’offrent tous les ans pour mes étrennes, mieux vaut dire que ce sont les fleurs qui sont étrennées : toutes fanées ! [...]. 

Les clientes du salon de coiffure ont de quoi papoter :

 Cliente 1 : Regarde ! Laura c’est encore fâchée avec John !

 Cliente 2 : Non c’est pas vrai ! Fais voir. C’est dingue quand même. On croirait pas quand on les voit comme ça.

 Cliente 3 : Vous savez il faut toujours se méfier des apparences.

Cliente 2 : Ça c’est sûr. C’est comme l’autre soir au restaurant, tu te rappelles ?

Cliente 1 : Quoi donc ?

Cliente 2 :  Mais si voyons, tu sais bien le type qui est entré en face de nous.

Cliente 1 : Ah oui c’est vrai avec son gros cigare !

Coiffeur 1 : Alors qu’est-ce qu’on se fait aujourd’hui ?

Cliente 1 : Vous savez bien mon petit Mimi, une couleur comme d’habitude.

Cliente 2 : Et puis ce type, ses cheveux roux, franchement quelle horreur !

Cliente 1 : Ah mon petit Mimi, vraiment il n’y a que vous pour prendre soin de nous.

Cliente 3 : J’aimerais bien pouvoir en dire autant. Qu’est-ce qu’il fait votre collègue ? [...]

La vendeuse de fleurs a une belle histoire à raconter aux mendiants

        [...]

L’Arsouille : Ah Marguerite ! Un brin de poésie dans un monde de brutes !

 La Manche : Et pourtant pour elle la vie n’est pas toujours rose !

L’Arsouille : Normal elle vend des tulipes !

 La Manche : Tu ferais mieux de te rendormir ! Alors Marguerite qu’est-ce que tu nous rapportes de beau ?

 Marguerite : Pas grand-chose à manger...

 L’Arsouille : Du moment qu’il y a à boire !

 Marguerite : Mais pas mal à vous raconter.

 L’Arsouille : Tu ne pouvais pas tomber mieux pour nous faire rêver.

 Marguerite : Je ne sais pas si ça va vraiment vous faire rêver. Si vous saviez ce qui est arrivé... mais attendez que je vous raconte. 

Comme tous les jours au resto « Chez Titi »

J’vendais des fleurs, ce soir-là un lundi

Y’avait pas foule, à peine un couple ou deux

Ecoutant Chopin les yeux dans les yeux

Autour de moi les clients attablés

En m’voyant prenaient un air désolé

« Mon bon monsieur

Un’ fleur pour mes beaux yeux ?

« Vous êt’ gentille

Mais non merci ma fille ! »

Puis arriva par la porte d’entrée

Un homme grand aux épaules carrées

Un gros cigare au milieu d’la figure

Un œillet rouge au bas de l’encolure

 [...]

 Le tribunal a un accusé à juger

       [...]

L’homme : Vous ne deviez pas m’interroger ?

 Avocat 1 : Ah ! Oui c’est vrai. Bien. A quand remontent les faits dont vous vous plaignez ?

 L’homme : C’était un lundi, un lundi soir.

 Avocat 1 : Où étiez-vous ce lundi soir ?

 L’homme : J’étais au restaurant.

 Avocat 1 : Que faisiez-vous ?

 L’homme : J’étais tranquillement installé à une table. Je buvais un verre en attendant mademoiselle.

 Avocat 1 : Puis que sait-il passé ?

 L’homme : Elle est entrée brutalement. Elle était très énervée. Elle avait les yeux injectés de sang et elle s’est précipitée violemment sur moi pour me jeter son verre en pleine figure !

 Avocat 2 : Objection votre honneur ! Objection ! Cet homme ment et pour vous le montrer j’appelle à la barre ma cliente !

 Le juge : Ah ! Non ! On ne va pas recommencer. Maintenant les gens savent très bien comment ça s’est passé ! On ne va pas le leur répéter encore une fois ! C’est ennuyeux à la fin ! [...]

Jérôme Charbonneau

 LA TROUPE : 

Jérôme Charbonneau - metteur en scène

Ania Budzińska

Marysia Feldman

Kasia Jabłońska

Krystian Koc

Jean-Paul-K

Joanna Kocimska

Karolina Sokowska

Asia Stefankowska

Edyta Woźniak