Le second jour de Pâques  

 

Le Lundi de Pâques se caractérise par des coutumes et des cérémonies liées aux jeux, aux plaisanteries et aux coquetteries car c’était toujours un jour de joie. Mais il y avait aussi des moments plus solennels et sérieux.

Les folies commençaient déjà pendant la nuit du dimanche au lundi. Les garçons sortaient le bétail, tamponnaient les cheminées et faisaient beaucoup d'autres bêtises. Ensuite au matin, très tôt souvent avant le lever du soleil, des fermiers allaient aux champs afin de les asperger d’eau bénite. Ils traçaient une croix sur la terre et faisaient des prières. Œmigus  représentait donc une manipulation magique qui entraînait la pluie sur les champs plantés. Cette coutume se maintient dans les régions du sud de la Pologne. À la fin, les paysans allumaient le feu au camp et déjeunaient. C'était un prétexte pour rencontrer des voisins et leur souhaiter le bonheur. On croyait aussi que l’eau avait la puissance de purifier et que surtout pendant Pâques elle guérissait les gens des maladies de peau.

D’après les historiens, des peuples anciens du Proche Orient connaissaient déjà la coutume de verser de l’eau l’un sur l’autre. Grâce à eux on célèbre aujourd’hui, pendant le second jour de Pâques, une fête appelée Œmigus dyngus.  

 

Jadis, le versement de l’eau jouait dans la société un rôle magique et rituel.

L’eau, l'élément le plus important ce jour-là, était toujours vénérée par des peuples différents. Elle existe dans toutes les croyances, les pratiques religieuses et même dans les superstitions populaires. Les gens croyaient que l'arrosage nettoyait l'âme humaine des péchés et assurait des pluies abondantes. Selon les préjugés de nombreux pays, entre autres : en Inde, Arabie et en Grèce l'eau constituait un moyen efficace contre les démons et les revenants. Elle jouait un rôle signifiant dans la mythologie slave et polonaise.

La coutume Œmigus dyngus tire son origine des pratiques paїennes lesquelles faisaient purifier et assuraient une bonne santé, la beauté et la fécondité. Le nom Œmigus dyngus que nous utilisons actuellement signifiait autrefois deux cérémonies différentes. Œmigus consistait à fouetter les jambes avec des férules. Dyngus par contre consistait à répandre de l'eau l'un sur l'autre et à ramasser les dons en allant d'une maison à l'autre. Ces deux notions se sont mêlées en créant aujourd'hui une seule coutume.

Ce jour-là, les garçons versaient des seaux pleins d’eau sur des filles belles et aimées. Ils les jetaient dans les lacs, de petits étangs ou même dans les auges. Plus il y avait d'eau, mieux cela valait pour l'honneur de la fille. Des vêtements mouillés et des cheveux dégouttants d'eau prouvaient le succès d’une fille auprès des garçons. En villes des messieurs distingués en profitaient très modestement en n'arrosant les femmes que de parfums. Par contre à la campagne on ne se préoccupait pas de convenances. On utilisait des seaux et des pots. Être mouillée- rien d’agréable, mais passer toute la journée dans un vêtement sec- c’est pire, tout simplement la honte et le déshonneur.

Les premières mentionsdu Œmigus dyngus sur le territoire de la Pologne ancienne viennent du XVe siècle. Ce sont des documents d’église qui interdisent de pratiquer les divertissements du peuple, appelé dyngus vu que d’une part c’était la tradition païenne, considérée comme un péché mortel, d’autre part, ils provoquaient des noyades.

Pourtant cette fête, exprimant la force et la joie de vivre, dura jusqu’à aujourd’hui. Cette coutume est pratiquée aussi bien à la campagne qu’en ville. Mais il faut aussi remarquer que le caractère du lundi de Pâques dépend de la région. Puisque ce jour-là il y a beaucoup de coutumes régionales. Par exemple en Kujawy, au nord de la Pologne, les garçons chantaient pour les filles en dévoilant leurs vices et leurs défauts. Un garçon qui aimait une fille payait les musiciens. Au centre de la Pologne les adolescents se promenaient dans les villages avec un coq. Puisque pendant des siècles cet animal a été considéré comme un symbole de la beauté, virilité, forces vitales et fécondité. Avec le temps un coq vivant a été remplacé par un coq d'argile ou de pâte. Les garçons portaient aussi des paniers pour les cadeaux et les dons. Les filles s'enfuyaient quand ils étaient venus car ils les piquaient avec différents objets pointus. C'était une sorte de coquetterie qui facilitait la liaison de jeunes couples. Selon les gens cette coutume assurait la santé de la famille et une progéniture nombreuse. Au sud du pays les jeunes, déguisés, faisaient le tour du village et demandaient par signes, sans mot dire, des dons comme un pain sucré ou des oeufs. Selon une légende ils représentaient les Juifs qui n'ont pas cru à la résurrection. Dans la région de Cracovie on portait une figure du Christ Ressuscité avec les stigmates bien visibles. Ils allaient d'une maison à une autre en chantant la résurrection du Seigneur.

Actuellement, Dyngus pour la plupart des gens c’est une occasion de s’amuser au sein de la famille et avec des amis, toutefois il y a des gens qui ne connaissent pas de limites. Ce sont en général des groupes de garçons qui envahissent les villes en versant de l’eau sur n’importe qui; à cause de cela les gens ont peur de sortir de chez eux. Alors, il est difficile d’établir si c'est vraiment une tradition qui est suivie par les adolescents.

Œmigus Dyngus  tire son origine de la magie de la vie et de la fécondité, en plus c’était une sorte de flirt. Cependant les dyngus modernes n’ont pas de sens symbolique ou amoureux, c’est plutôt l’agression. Dans les villes dyngus a réapparu dans les années 80 quand l’ambiance était favorable aux révoltes. Ces bandes de garçons n’ont rien de commun avec les anciennes traditions du peuple. Elles ressemblent plutôt au public de stade pendant les matchs de football..

Heureusement, la majorité des jeunes passent raisonnablement le lundi de Pâques en s’amusant comme autrefois le faisaient leurs ancêtres.

Sans doute ils se souviennent du moins de Dyngus quand ils se sont réveillés tôt pour arriver à verser de l’eau sur les membres de leur famille. Celui qui a réussi à attraper quelqu'un dormant encore dans son lit, inconscient d'une telle surprise et à bien le mouiller, a remporté une grande victoire

Alors n’oublions pas que pour celui qui sera bien mouillé le lundi de Pâques, le bonheur ne manquera pas.                                                                        

 Pour revenir au Calendrier cliquez sur cette fillette